En bref. La saisie d'activité sert d'abord à ceux qui la font : elle rend leur travail visible et protège leur charge. Sans temps réels, le plan de charge et les arbitrages reposent sur des hypothèses. Chacun remplit sa feuille, mais la réussite se joue à l'échelle de l'équipe, chefs de projet compris. Voici six bonnes pratiques et une check-list pour accompagner le passage à Project Monitor 7.9.
Faire du suivi des temps un réflexe d'équipe
Le vendredi à 18 h, ou le dernier jour du mois : c'est souvent à ce moment-là qu'on remplit sa feuille de saisie des temps, de mémoire, en arrondissant. Le collaborateur a l'impression de rendre des comptes. Le chef de projet, lui, relance une fois de plus. Le problème, la plupart du temps, c'est qu'on demande des chiffres sans jamais dire ce qu'on en fait. Or la saisie est la seule donnée qui raconte ce qui s'est vraiment passé sur un projet. Le planning dit ce qui était prévu, la saisie dit ce qui a été fait. Le plan de charge, la capacité des équipes, les arbitrages en comité, le coût réel d'un projet : tout repose dessus. Et le premier à y gagner, c'est celui qui saisit.
Pourquoi la saisie compte d'abord pour le collaborateur
Elle rend visible le travail qu'aucun jalon ne montre
Aider une autre équipe sur un incident, préparer une réunion d'arbitrage, reprendre une livraison après une recette difficile : une bonne partie du travail n'apparaît dans aucun planning. Si personne ne le saisit, il n'existe pas, ni dans les rapports, ni dans la charge de l'équipe. Avec des temps saisis, on passe de « je suis débordé » à « un tiers de mon temps part dans des demandes non planifiées ». La discussion n'est plus la même.
Elle protège sa charge
Sans temps réels, on planifie sur des estimations, et elles sont presque toujours optimistes. De nouvelles affectations arrivent sur une charge déjà pleine, et c'est le collaborateur qui absorbe l'écart. Le reste à faire (RAF) joue le même rôle : Project Monitor s'en sert pour calculer la disponibilité de chacun. Un RAF à jour, c'est une charge à venir qui colle à la réalité.
Elle donne du poids dans les arbitrages
Un renfort ou une échéance décalée, ça se négocie en comité. Une équipe qui saisit régulièrement arrive avec des faits. Une équipe qui ne saisit pas arrive avec un ressenti, aussi juste soit-il.
Elle aide à mieux estimer la fois suivante
Chaque semaine saisie enrichit un historique. Pour chiffrer un projet comparable, on part de ce qui s'est réellement passé, pas d'un chiffre lancé en réunion. Bref, saisir ses temps, c'est se donner des arguments.
De la feuille de temps au pilotage du portefeuille
Côté pilotage, la logique est simple. Elle tient en trois étapes, toujours dans le même ordre :
- Les temps passés disent ce qui a été réellement consommé, projet par projet.
- Le plan de charge compare ce réalisé au prévu, et montre où ça déborde.
- La capacité permet de décider : ce qu'on peut accepter, ce qu'il faut décaler, où il faut renforcer.
Sauter la première étape, c'est piloter les deux suivantes à l'aveugle. C'est précisément pour cela que la saisie doit coller au planning. Une saisie faite hors des dates prévues d'une phase brouille la comparaison entre prévu et réalisé, et fausse les rapports. La raison est souvent la même : le planning n'a pas été mis à jour. La phase a pris du retard, mais sa date de fin n'a pas bougé. Le projet est fini, mais personne ne l'a clôturé. La qualité de la saisie se joue donc autant chez les chefs de projet que chez les collaborateurs.
Ce que la nouvelle saisie change pour chacun
L'idée de départ est simple : le collaborateur ne doit plus avoir à chercher où saisir. Les phases à remplir remontent seules en haut de sa feuille, selon les dates, les statuts et les affectations. Les autres sont rangées à part, dans Autre, avec la raison affichée.
En haut, la Saisie régulière regroupe les phases sur lesquelles il a saisi au cours des cinq dernières semaines (la semaine affichée et les quatre précédentes). Juste en dessous, la Saisie ponctuelle fait apparaître les activités irrégulières (un comité trimestriel, un événement annuel), qu'il fallait jusqu'ici rajouter à la main. Les phases à venir sont visibles elles aussi, pour anticiper le travail, même si on ne peut pas encore y saisir.
Et l'outil garde de la souplesse. Une phase dont la date de fin est dépassée est rangée dans Autre, avec la date en rouge. Le collaborateur peut l'ajouter à ses phases actives avec le bouton Ajouter aux phases actives, tant que le chef de projet ne l'a pas passée au statut terminé.
Profil | Ce qui change | Ce que ça apporte |
Collaborateur | Ses phases remontent seules, y compris ses activités ponctuelles. Il voit celles à venir. La raison d'un blocage est affichée. Il contacte le chef de projet depuis sa feuille. Il déclare ses absences au même endroit. | Moins de temps passé à chercher, moins de blocages sans réponse |
Chef de projet | La feuille de ses équipes suit son planning. Il décide quand la saisie s'ouvre et se ferme. | Retards signalés plus tôt, chiffres stables après la clôture |
PMO | Les temps sont saisis dans les dates des phases, et la disponibilité intègre les absences. | Prévu et réalisé comparables, plan capacitaire réaliste, moins de relances |
Il y a aussi un bénéfice moins visible. Ce n'est plus le PMO ou le chef de projet qui doit rappeler à chacun qu'il saisit en dehors des clous : l'outil l'indique de lui-même. Le PMO a moins de police à faire et peut se concentrer sur le pilotage.
Six bonnes pratiques pour faire de la saisie un réflexe d'équipe
La nouvelle saisie a été construite autour de règles de bonnes pratiques de gestion de projet. Project Monitor fournit le cadre, et c'est à chaque organisation de préparer le bon environnement pour que la saisie réussisse. Cela commence par deux choses : faire le ménage, et communiquer.
1. Commencer par le ménage dans les projets
2. Expliquer à quoi servent les temps, puis le montrer
3. Fixer un rythme clair et connu de tous
4. Faire du chef de projet le garant du planning
5. Répondre vite aux demandes de déblocage
6. Accompagner la bascule
Votre checklist de lancement
Dix points à cocher avant de lancer la nouvelle saisie dans votre équipe.
En conclusion
Chacun remplit sa propre feuille, mais une saisie d'activité réussie reste une affaire d'équipe. Project Monitor 7.9 enlève une bonne partie des frictions. Ce qui reste, c'est le pilotage au quotidien, et c'est là que tout se décide.
Questions fréquentes
Pourquoi saisir ses temps quand on n'est pas facturé au temps passé ?
Parce que la saisie sert d'abord à piloter. Elle mesure l'effort réel consacré à un projet, alimente le plan de charge et aide à arbitrer entre les priorités. Sans elle, la charge des équipes est estimée, jamais mesurée.
Faut-il saisir chaque jour ou chaque semaine ?
Cela dépend des habitudes et de la culture de l'organisation : certaines saisissent chaque jour, d'autres chaque semaine. Ce qui compte, c'est que la règle soit claire, communiquée à tous et tenue dans la durée. Dans Project Monitor 7.9, les phases saisies au cours des cinq dernières semaines remontent en tête de la feuille. Une saisie régulière, quel que soit son rythme, garde la feuille bien rangée.
La saisie des temps sert-elle à surveiller les équipes ?
Non. La saisie sert d'abord celui qui la fait. Elle rend visible le travail qu'aucun planning ne montre, elle protège sa charge quand de nouvelles affectations arrivent, et elle lui donne des arguments pour obtenir un renfort ou faire décaler une échéance. Sans temps saisis, ce sont des estimations qui décident à sa place.
Pourquoi ne peut-on plus saisir sur certaines phases dans Project Monitor 7.9 ?
Parce que la saisie suit désormais le planning. On ne saisit pas sur une phase pas encore commencée, sur une phase terminée, ni sur un jour non travaillé. La raison est toujours affichée, et le collaborateur peut contacter le chef de projet pour faire ajuster les dates ou le statut.